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Passage, mars 2010

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 Passage de jeremy villy  Passage de jeremy villy
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 Passage de jeremy villy  

Par jeremy villy

Passage, mars 2010.

Un passage à Langa, un des plus anciens Township de la périphérie de Cape Town en Afrique du sud...

 

...un passage comme les gens qui vivent ici et transitent tous les matins vers la ville ou vers les terres. Mon passage de 10 jours en Afrique du sud, pendant un projet photographique que je menais sur place en collaboration avec des associations locales.

Des allers-retours quotidiens entre un paradis aux pieds de la « Lion's head », le centre-ville de Cape -Town en préparation pour la coupe du monde de football 2010, et Langa, le premier township historique de la ville, là où était assignée la population noire pendant l’apartheid. Un contraste évident entre une effervescence majoritairement réservée aux blancs et noirs fortunés et inscrits dans les cercles fermés des nantis de la ville, et les passages des travailleurs de Langa vers la station de train qui les emmènera vers Cape-Town. Un flux lent et régulier, matin et soir, les mêmes personnes qui partent et reviennent vers et de la ville; la même façon de se réunir à l'approche de la station, la même façon de se disperser au retour pour regagner son habitation, quelle qu'elle soit, véritable maison ou taudis en bois. À bien y regarder, on se demande rapidement quelle est la population la plus dispersée. On voit tout le monde courir, demander, crier, tourner les têtes dans tous les sens pour être sur de ne rien rater du paradis sensé symboliser la maturité et la puissance d'une ville qu'ont investis nombre d'américains, européens ou autres pays développés; on voit tout le monde marcher les uns derrières les autres vers un même point, discuter et commenter ce qui se passe au plus prés : une vie.

Finalement, Langa n'est lui même qu'un passage, un lien entre une vie et une autre, un lien entre une époque et une autre, un monde et tous les autres. Et finalement, petit à petit, Langa se détruit : la « ville mère », Cape-Town, mange de plus en plus sur ce qu'elle avait rejeté. Réinvestissement des quartiers, destruction des « Shacks » (cabanes en bois de l’époque de l'apartheid ) pour construire de nouvelles maisons plus riches, plus « politicaly correct » et plus visibles depuis la route de l'aéroport vers le Cap, célébration de monuments commémorant la mort des policiers pendant les affrontements de fin de l’apartheid... Langa se détruit en devenant un passage pour touristes en bus, prenant les mêmes photos qu'au « Table Mountain National Park », et goutant aux spécialités locales des commerces proches de la station de bus..

Langa passe et est en train de passer, le rythme lent et construit de proximités se transforme petit à petit en zone rurale et perd de son identité, celle là même qui l'a fait sortir de l'apartheid.

Par jeremy villy
www.jeremyvilly.com

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