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 CHRIS KILLLIP

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Chris KiLLIP Photographe

seacoalSi l’on ouvre l’encyclopédie idéale de la photographie, qui n’existe pas encore (Elle serait trop volumineuse !) à la rubrique des photographes anglais, on trouverait immanquablement Ian Berry, David Hurn, John Davies ou dans un autre registre Michael Kenna.

Il ne faudrait pas oublier un personnage, qui comme Kenna, a préféré aller s’installer outre Atlantique, j’ai nommé Mister Chris KiLLIP !

Il y a quelques temps, lors de «PARIS PHOTO», au détour d’une des nombreuses galeries, une image de ce photographe, m’interpellait.

Cela m’avait donné à réfléchir, sur certaines photographies présentées, par certains galeristes, dont on se demande si dans vingt ans, elles auraient encore leur place, dans une expo internationale.

Toujours est t-il que récemment, l’annonce d’une exposition de ce photographe qui se tient au BAL*, est l’occasion d’aller à la rencontre de ce Monsieur de la Photographie.

L’exposition est stupéfiante, elle s’intitule :’’What happened 1970-1990 ‘’, et dure jusqu’au 19 Août 2012).

Les photos de Chris Killip, nous rappellent, un peu de la magie, que l’on trouve chez Bill Brandt, Paul Strand, Danny Lyon, ou Claude Raymond Dityvon. Christopher Killip est né le 11 juillet 1946 à Douglas sur l’île de Man. Cette île est surtout célèbre, pour sa fameuse course motocycliste, le Tourist Trophy, et par le fait que l’île est devenue l’un des paradis fiscaux Anglais. Un petit morceau de terre située en mer d’Irlande, à égale distance des côtes d’Irlande, d’Angleterre et d’Écosse.

Professeur, commissaire d’exposition, il est considéré comme l’un des meilleurs représentants de la photographie documentaire, et social, en Europe.

1963, il pratique la course cycliste en amateur. Par hasard en feuilletant Paris Match, pour s’informer sur la course cycliste du Tour de France, il tombe sur la photographie d’Henri Cartier-Bresson, du petit garçon, qui tient les bouteilles de vins (Rue Mouffetard 1954).

La révélation de cette image d’Henri Cartier Bresson, le décide à devenir photographe spontanément, en juin 1964 sans avoir jamais fait de photos.

Il trouve un emploi pour faire des portraits des touristes sur la plage, chez Keig's à Port Erin et le soir dans les pubs. 1964, le jour de son anniversaire, il est viré de l’école, il a seize ans. Il débute alors l’apprentissage pour devenir gérant dans l’unique hôtel de luxe que compte l’île de Man, le Castle Mona Hotel. Son père lui propose de payer pour qu’il aille faire une école réputée en Suisse, afin d’apprendre le métier dans l’hôtellerie. Bien qu’il apprécie l’hôtel, il pense qu’il n’a pas envie de faire cela pour le reste de sa carrière.

Quelques mois passent, et après avoir mis assez d’argent de côté pour aller à Londres tenter sa chance, il frappe à la porte d’une centaine de photographes, avant de faire la rencontre d’Adrian Flower, en octobre 1964.

1 C’est ce photographe de mode réputé, qui lui offre son premier appareil photo, et qui lui fait découvrir, Justin de Villeneuve et Twiggy, deux mannequins restés célèbres. Alors, qu’il se trouve à New York, pour faire des repérages pour des photos de mode, il à la deuxième révélation de sa carrière, lorsqu’il visite les collections du Moma.

Les images de Paul Strand, Walker Evans, Robert Frank et August Sander, lui font entrevoir, une photographie d’un genre sans pareil, avec ce qu’il a en tête.

Il décide alors qu’il n’a nul besoin d’être photographe publicitaire, ou de travailler pour la mode. Il se rend compte, que ce qui l’intéresse, c’est ce qu’il connaît, ce qui lui importe, et ce auquel, il a accès. Il retourne alors sur l’île de Man, et commence une série de portraits devenus culte, des habitants.

Il obtient de les photographier, étant un garçon dont la famille est connue de tous.

Il travaille de nuit, dans le Pub de son père, où il sert de la bière, pour pouvoir réaliser ses photos le jour, en utilisant la voiture de ce dernier.

A l’origine, il photographie avec un appareil 35 mm, mais au bout de six mois, et après avoir montré son travail à Bill Jay, l’éditeur de la célèbre revue « Creative Camera », ce dernier lui recommande d’avoir recours à l’usage d’une chambre photographique. Il en trouve une d’occasion, qu’il acquiert, et l’utilise avec maestria, lorsque l’on considère la difficulté d’utiliser une chambre à main levée en reportage. En 1971, l’Angleterre est au cœur de sa chronique. Cette même année, lors d’un voyage à New-York, il rencontre Lee Witkin, un des premiers galeristes à présenter de la photographie, qui lui commande une édition limitée de 25 portfolios qui contiennent 12 images de l’ile de Man, publiés par WITKIN/ BURLEY, en 1973, et s’accompagnent d’un essai de Nigel Kneale. Une nouvelle fois, cette avance d’argent lui permet de travailler.

Il couvre les tragiques événements du conflit qui oppose les catholiques et les protestants, avec notamment le « Bloody Sunday » de 1972, pour le compte de l’agence Magnum.

1972, il obtient une bourse de « The Arts Council of Great Britain » pour réaliser des photographies de Huddersfield et Bury St Edmunds qui donne lieu à l’exposition « Two Views - Two Cities ».

Jusqu’à1973, il revient durant l’hiver pour photographier les habitants de l’île. Ce travail fait l’objet l’objet d’un livre intitulé «Isle of Man-A Book About The Manx» qui paraît en 1980.

Inspiré en cela par Paul Strand qui s’est rendu dans une île des Nouvelles Hébrides, en Ecosse, en 1954, et a signé un reportage qui fait date, Killip réalise des images qui vont marquer.

1975 il reçoit du Northern Arts une bourse durant deux ans pour photographier le nord-est de l’Angleterre. Moyennant la documentation en images 2O heures par semaine, pour le compte de l'antenne régionale de l'agence pour le gaz, il touche un pécule qui lui permet de se consacrer à ses photos d’auteur.

Il déménage à Newcastle. Cette même année, et devient l’un des fondateurs de la «Side Gallery» à Newcastle upon Tyne, galerie qu’il dirige de 1977 à 1979.

On lui refuse la permission de photographier le Swan Hunter, un chantier de construction navale, il choisit alors de montrer les conséquences de la disparition de l’emploi.

Il trouve la matière dans une communauté d’ouvriers, à Skinningrove dans le Nord de la province du Yorshire, ou la fermeture d’une aciérie met un terme à l’offre d’emploi local.

Ses images les plus emblématiques, il les prend sur la plage de Lynemouth dans la province du Northumberland, à la fin des années 1970, et au début des années 1980 dans une communauté de gens du voyage, qui sont d’anciens mineurs.

Ces gens utilisent des filets, pour récupérer dans la mer les restes des morceaux de charbons provenant de la mine voisine. Pour s’immerger dans son sujet, il vit parmi eux en intermittence, dans une caravane sur une période de quatorze mois entre 1984 et 1985. En 1984, cinquante images issues de ce reportage sont présentées à la Side Gallery de Newcastle upon Tyne. Il rencontre Henri Cartier Bresson, qui assiste à l’inauguration de son exposition. En 1985 la galerie « London's Serpentine Gallery » présente « Another Country », une exposition de photos, dont il partage l’affiche avec Graham Smith.

Ces photographies sont mal reçues, tellement elles apparaissent critiques, à l’égard du gouvernement de Margaret Thatcher. Il dit: ”L'histoire objective de l'Angleterre ne signifie pas grand-chose si l'on n'y souscrit pas, et c'est mon cas. Comme c'est le cas des gens présents sur ces photographies, confrontés à la désindustrialisation au sein d'un système qui ne tient aucun compte de leur vie. Pour eux, je fais partie du superflu : leur lutte est indépendante de ma vie, mais pas de mon espérance. Voici un livre subjectif sur l'Angleterre telle que je l'ai vécue. Je mets la main sur ce qui ne m'appartient pas, je convoite la vie de l'autre. Ces photos parlent davantage de moi que de ce qu'elles montrent. Ce livre est un roman dont le sujet est une métaphore." En 1988, il photographie le Nord-Est de l’Angleterre.

Il lui faut attendre huit ans avant qu’il publie «In Flagrante», son deuxième livre, qui lui vaut une reconnaissance internationale.

Ses images, reste comme les documents visuels comptant parmi les plus importants de la vie en Grande-Bretagne dans les années 1980. L’obtention de la première édition du prix de la fondation Henri Cartier-Bresson en 1989, lui apporte la reconnaissance de ses pairs. Cette même année, il est missionné par le manufacturier de pneumatique Pirelli Ltd pour faire une série sur les ouvriers, qui travaillent à Burton upon Trent, dans une usine du Derbyshire.

Dans un premier temps, il essaye d'utiliser la lumière naturelle ambiante, mais ses clichés trop sombres l’obligent à recourir, à l’usage du flash. Ce travail fait l’objet d’une exposition au Victoria et Albert Museum de Londres, et fait l’objet d’une publication, en 1997. 1990, une exposition intitulée « British Photography from the Thatcher Years » présente des photographies de Chris Killip, Graham Smith, John Davies, Martin Parr et Paul Graham au MOMA, à New York .Cette exposition esquisse la nouvelle approche de la photographie documentaire sociale.

1991, le Palais de Tokyo à Paris présente une rétrospective, de son travail.

Il quitte l’Europe pour les USA, cette année-là.

Pour aider à subvenir à son fils, qui débute ses études, il accepte de prendre un poste d’enseignant, dans le département d’études visuelles et environnementales à l'université de Harvard, à Cambridge, (USA), Massachusetts, poste qu’il occupe encore à jour. Entre 1993 et 2005 il se rend à dix reprises en Irlande, pour photographier le pèlerinage annuel qui se tient à Croagh Patrick et Máméan.

Depuis 2001, il utilise la photo couleur. 2004, Martin Parr, qui est l’un de ses fervents admirateurs, profite qu’il est le commissaire invité des 35é Rencontres de la Photographie d’ Arles, pour lui offrir une superbe exposition. Un ouvrage étonnant constitué uniquement de noir et blanc, issu de son travail «Seacoal», aux éditions Steidl, est publié, en 2011, et s’accompagne d’une expo à Guigamp.

En mars 2012, Ute Eskildsen, la commissaire du musée Folkwang d’Essen a présenté une rétrospective de son travail intitulé Arbeit / Work, « Travail », qui permet de redécouvrir son œuvre, et de la situer à sa juste valeur.

Cette exposition donne lieu à un superbe ouvrage, qui comme à l’habitude reflète la qualité des images de Chris Kilip, et l’exigence de Gehrard steidl, l’éditeur spécialiste des photographes de renom. C’est une partie de cette exposition, qui est actuellement visible au BAL, à Paris.

Chris Killip, a passé un moment, à commenter certaines de ces photos. Parfois, l’émotion, l’envahit lorsqu’il parle des gens qui figurent sur ces photos, car nombre d’entre eux sont morts. Il demande à l’assistance quelle est la chose qu’il sait lorsqu’il fait un portrait d’une personne, et il nous donne sa réponse. « Ce que je sais, avec certitude, c’est que cette personne va mourir.» Au fil de son récit, on ressent que c’est un homme qui reste touchée par sa vie de photographe, une existence faite de la liberté, d’avoir été le témoin d’une période difficile, avec toutes les difficultés que cela comporte, pour exercer son art. A noter, qu’en Angleterre, ses photos sont boudées, car elles sont encore jugées, comme trop dures, tellement sa vision reflète la réalité des choix économiques de son pays, même si déjà trente années se sont écoulées. On pourrait s’attendre à une belle rétrospective de la part de la Tate Modern, ou d’une grande institution muséale britannique, pour permettre de montrer Chris Killip, Tony Ray-Jones, Graham Smith, Chris Steele-Perkins, ou Brian Griffin, qui sont des figures majeurs, de la photographie. La plus belle conclusion, pour conclure cette note, est de Diane Dufour :« Le travail de Chris Killip se distingue par un esprit de recherche sociale et un souci éthique de représenter la vie quotidienne des classes populaires sans en faire de simples « sujets » ethnographiques. En même temps, Killip est un artiste faisant preuve d’une haute exigence formelle, inspiré par le désir d’un rendu plastique à la hauteur de la splendeur du réel. » Le travail de Chris Killip a été présenté dans les institutions suivantes : Museum für Photographie Braunschweig, Braunschweig, Howard Yezerski Gallery, Boston, MA Gallery of Photography, Dublin Auckland Art Gallery, Auckland.Westfälisches Landesmuseum für Kunst und Kulturgeschichte Münster, Münster,The Art Institute of Chicago, Chicago, IL Moderna Museet, Stockholm Centre for Contemporary Art Ujazdowski Castle, Varsovie, MMCA Macedonian Museum of Contemporary Art, Thessaloniki, Center for Creative Photography - University of Arizona, Tucson, AZ IAC - Institut d’art contemporain Villeurbanne/Rhône-Alpes, Villeurbanne, National Media Museum, Bradford, Photographer’s Gallery, London Victoria and Albert Museum London. Publications:

2012 Arbeit /Work publié chez Folkwang /Steidl, 136 p, 38 €.En allemand et en anglais.

2011 ‘Seacoal’ publié par Steidl et Gwinzegal.

2009 ’’Here Comes Everyone ‘’ publié chez Thames & Hudson.

2006 ‘’The Pirelli Work’’, texte d’introduction de Clive Dilnot, publié chez Steidl/ Folkwang.

2001 dans la Collection 55, publié par Phaïdon Press, le fascicule s’accompagne d’un texte de Gerry Badger. 1999 «Here Comes Everyone» publié chez Thames & Hudson, 1988 « In Flagrante » texte de John Berger, publié chez Secker & Warburg. 1988 la version française de « In Flagrante » est publiée chez Nathan sous le titre « Vague à L’âme ». 1980 Isle of Man, éditeur Zwemmer. Le site WEB du photographe : www.chriskillip.com LE BAL 6 impasse de la Défense 75018 Paris. Métro : Place de Clichy, lignes 2 et 13.

La biographie de gotthard

Pour en savoir plus sur l'auteur de cette rubrique :

Chronique par Roland Quilici
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