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Interview de Gilles Menghetti par Eric Escoffier

menghetti montagephotographique

Interview de Gilles Menghetti par Eric Escoffier: Retouche Photoshop.

J’ai rencontré Gilles récemment dans la ville de Nice qui lui est chère. Il est un créateur d’images oniriques. Il manie aussi bien son appareil photo que sa tablette graphique. Voyageons dans ses visuels numériques qu’il nous offre.

Quand as-tu commencé la photo ?

C’est vers l’âge de 10-12 ans, alors que j’étais passionné d’aviation que le virus de la photo m’a pris. A l’époque où la terrasse de l’aéroport de Nice était encore ouverte, dans un monde plus libre, je passais mes dimanches après-midi sur cette plateforme à photographier les avions passant à portée de pellicule. Au début, avec de vieux appareils photos de mes parents dont le nom m’a échappé, puis avec des boitiers plus évolués.

Vers 16-17 ans, j’ai pu acquérir mon premier reflex, un Pentax Super A avec deux objectifs : un 50mm fixe et un zoom 70-210 mm utile pour effectuer des images plus piquées. Ainsi, je fixais les aéronefs sur la pellicule argentique, de la Kodachrome 25 ou 64 ASA, diapositive d’une grande finesse au rendu naturel des couleurs.

Dès lors, la photo s’est ancrée en moi avec la volonté de restituer aux autres les « histoires » qui s’offrent à nos yeux. Cet objectif est le fil conducteur de ma pratique de l’image auquel je suis resté fidèle.

Photo Gilles Menghetti

Qu’est-ce qui t’a amené à la retouche photo ? La découverte de Photoshop ?

J’ai découvert un peu par hasard Photoshop en 1995, dans sa version 3.0.
Un ami m’ayant montré les possibilités de ce logiciel, à l’époque bien rudimentaire, j’ai tout de suite été attiré par cette « magie » qui permet par l’intermédiaire d’une souris et d’une interface graphique de modifier la réalité des choses. Modifier pris dans son sens large, c'est-à-dire pouvoir améliorer, changer, supprimer, détruire, reconstruire, colorer, sélectionner des informations numériques pour là encore, raconter une histoire, mais d’une manière créative.

Cette version, selon mes souvenirs, était la première à introduire les calques. Cette possibilité allait devenir la structuration même du travail sous Photoshop et ainsi permettre une méthode de retouche non destructive.

Dès lors, je n’ai eu de cesse dans mon travail, en suivant les évolutions de ce logiciel, d’y voir un formidable outil de création. Il m’aide à faire apparaitre et à donner la vie sur l’écran de mon PC aux images qui fleurissent dans ma tête et dans mon cœur. Car ne l’oublions pas, toute création est une affaire de sentiments également.

Quels sont tes thèmes de prédilection dans la création de tes images ?

Pour toute image que je crée, il faut que j’y voie une émotion qui puisse être ressentie par la personne qui la découvrira.

Tous les thèmes de la vie peuvent déclencher une émotion et, pour ma part, j’affectionne particulièrement ceux qui donnent la possibilité aux autres d’imaginer, de s’évader ou de se reconnaître.
Les thèmes oniriques, fantastiques, surréalistes ou quelques fois plus « grunges » ou horrifiques retiennent toute mon attention et mon imagination.

Les couleurs et les ambiances dans ces types de créations sont particulièrement importantes afin de restituer et d’immerger subtilement le spectateur.

Sans rentrer dans tes secrets de magicien, comment composes-tu ces tableaux photographiques ?

Loin de moi le terme de magicien. En effet, sans moi, le logiciel n’est rien, mais sans lui, il me serait difficile de composer ces créations.

Et justement, pour les composer je procède de 2 manières :

- la première, je choisis au hasard quelques photos en me fixant à chaque fois un nombre diffèrent (globalement entre 3 et 10) et je les étale pêle-mêle sur l’écran. Je fais appel à mon imagination et je détermine une scène à réaliser au moyen de ces seules images ;

- la seconde, je fais appel à mon pouvoir créatif et j’imagine une scène globale à reproduire en m’attelant à rechercher les photos qui pourront au mieux composer celle-ci.

Il faut savoir que le retoucheur est en principe quelqu’un qui produit beaucoup moins d’images qu’un photographe.

Non seulement le travail de retouche d’une seule création me demande de 7 à 9 heures de travail, mais le travail de recherche d’images peut en prendre tout autant.

Interview réalisée par Eric Escoffier,
https://www.declenchermalin.com/