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Edouard Boubat

Edouard Boubat

Par Roland Quilici 

photographieEdouard Boubat est né le 13 septembre1923, il passe son enfance à Montmartre et fait des études d’art graphique à l'école Estienne, de1938 à 1942.

Il exerce le métier de photograveur, dans une usine, et ce n’est qu’après guerre, en1946, qu’il découvre la photographie. Il vend de vieux dictionnaires pour acheter un Rolleicord au format 6X6 et réalise deux clichés qui vont marquer l’histoire de la photographie : « La petite fille aux feuilles mortes » et « Première neige » au jardin du Luxembourg.

Cette même année, il rencontre, Lella, son modèle fétiche, qui deviendra Mme Boubat. Cette photo de Lella faite en1947 reste comme la plus connue de son œuvre. Il obtient le prix Kodak cette même année, pour une exposition au salon international de la photographie, prix qu’il partage avec Robert Doisneau. La célèbre revue «Camera »le publie pour la première fois en 1950, année où il réalise "l'arbre et la poule", autre photo restée emblématique.

photographie1951, alors qu’il expose à la librairie la Hune, à Montparnasse aux côtés de Brassaï, Doisneau, Izis et Fachetti, il est remarqué par Albert Gilou, directeur artistique de la revue Réalités. Engagé immédiatement, Édouard Boubat entame son travail de reporter avec un sujet sur les artisans de Paris. Ce sera l'Espagne ensuite, avec un reportage sur le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle. Il devient correspondant et part aux USA pour quatre mois.

De 1952 à 1968, il réalise des photos au travers des cinq continents, aussi bien pour ses besoins professionnels, que par goût personnel. Son talent lui permet d’acquérir rapidement une grande notoriété. Réalités étant un mensuel, il travaille avec une grande liberté, sans le souci de coller à l’actualité.

Il rencontre Robert Frank et achète son premier Leica, avant de devenir photographe indépendant en1967. Il collabore avec l’agence de presse Top Rapho, continue ses voyages, publie et expose sur les cimaises des galeries dans le monde entier.

photographie"La survivance" est son premier livre publié en 1976, avec lequel il obtient le grand prix du livre aux Rencontres d'Arles en 1977. Ce sera ensuite le grand prix national de la photographie, en 1984, et le prix de la Fondation Hasselblad, en 1988. Il consacre un livre à Lella en 1994, intitulé "Comme avec une femme" et fait son dernier grand reportage aux Caraïbes l'année suivante. "Donne moi quelque chose qui ne meurt pas", "La vie est belle" seront ses derniers livres.

Jacques Prévert, dont il est l’ami, le surnomme « le correspondant de paix » et Robert Doisneau dira de lui : « De ce monde déchiqueté, Edouard Boubat nous révèle les surprenants instants de plénitude » - Extrait de « Boubat de Boubat aux éditions Belfond ». On retrouve également dans ce très bel ouvrage, des portraits tel celui d’Isabelle Huppert, de Jean Marais, Sydney Bechet, Jacques Prévert, Georges Simenon, Françoise Sagan et bien d’autres.

photographie1988 son fils Bernard devient son assistant, avant de devenir lui même photographe. Edouard Boubat décède le 30 juin 1999 d’une leucémie à l’âge de soixante quinze ans, à Montrouge.

Pour mieux appréhender le poète qu’était Mr Boubat, je vous recommande la lecture de l’entretien qu’il a eu avec Frank Horvat, qui est un photographe formidable. Un auteur à découvrir, pour ceux qui ne le connaissent pas encore sur son site www.horvatland.com

 

Ressources Web

Entretien Boubat – Franck Horvat :
http://www.horvatland.com/pages/entrevues/01-boubat-fr_fr.htm

 

Pour en savoir plus sur l'auteur de cette rubrique :

Chronique par Roland Quilici
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