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Werner Bischof

Par Roland Quilici

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photographieWerner Adalbert Bischof est né à Zurich en Suisse le 26 avril 1916, dans un milieu aisé. Son père gère une fabrique pharmaceutique. Alors qu’il n’a que 6 ans, ses parents déménagent à Waldshut, en Allemagne.

1931, il entre à l'École Normale de Schiers, puis s’inscrit à l’Ecole des Arts Appliqués de Zurich, en 1932 pour suivre le cours de photographie de Hans Finsler qui vient d’ouvrir jusqu’en1936. Il affectionne particulièrement les natures mortes de coquillages et de végétaux.
Il effectue ensuite son service militaire avant d'ouvrir un atelier de photographie et de graphisme qui lui sert également d’appartement à Zurich-Leimbach. Il collabore à l’excellente revue Graphis à Zurich, et  à la maison d’édition Amstutz et Herdeg à laquelle il participe à la création d’affiches et de photos de mode, puis à l’exposition nationale suisse, en 1939.A cette date il se rend à Paris, avec l’intention de devenir peintre.

Obligé de rentrer, pour accomplir son service militaire au sein de l’armée suisse, il passe deux ans sous les drapeaux, avant d’ouvrir un nouvel atelier de photographie et de graphisme.
Il obtient ses premières publications dans la revue Du avec des recherches photographiques sur la lumière, puis devient membre du groupe d’artistes « Allianz».

De 1944 à 1945, il voyage à vélo à travers l’Allemagne du sud.

Il effectue des reportages pour montrer les ravages laissés par la guerre, en France, en Allemagne, et en Hollande, avec son ami  Emil Schultness.

Entre 1946 et 1948, il se rend à Cologne, Berlin, Leipzig, et Dresde, et photographie pour le compte de l’édition suisse de la revue Du. Avec l’organisation caritative internationale suisse du « Schweitzer Spende » (Don Suisse), il se rend en Grèce à la fin de l’année 1946 afin de documenter la construction d’un village préfabriqué pour aider des orphelins de guerre.

1948, il photographie les jeux olympiques pour le magazine américain Life. A travers ses photographies, s’affirme le regard d’un homme qui  témoigne sur l’espoir de reconstruction d’après guerre. Il voyage ensuite en Hongrie, en Roumanie, en Tchécoslovaquie, en Pologne, puis en Finlande.

De Budapest, où il passe Noël, il écrit à son père : « …Ce que tu ne comprends pas, cher papa, c’est que je fais ce voyage non par désir de nouvelles sensations, mais par changement complet de mon être profond. Tu dis qu’il est temps de rentrer et d’entreprendre un travail plus tranquille. Papa, je ne peux plus, je ne peux plus photographier de belles chaussures… ».
Il épouse Rosellina Mandel et part en Angleterre, où il est  sous contrat pour Picture Post, et l’Observer, avant d’être l’un des premiers membres à rejoindre l’agence Magnum Photo en 1949, au côté de Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, David Seymour et George Rodger.

Il voyage en Italie, en Sardaigne et en Islande.

1950, voit la naissance de son premier fils Marco.

De 1951 à 1952, il se rend en Inde pour le compte de Magnum.

Son reportage sur la famine à Bihar lui fait accéder à la notoriété.

Il couvre la guerre de Corée, à Okinawa en qualité de correspondant pour Paris-Match, puis il se rend au Japon, un pays qui le fascine. Il signe de nombreuses photos qui ont trait à la nature, l’un de ses thèmes de prédilection.

1953 le magazine Du publie ses photos sur les « Hommes d’Extrême-Orient » et une exposition lui est consacré à Zurich.
En 1954, il voyage à Mexico, puis se rend à Lima et à Santiago du Chili, en passant par Panama. De là  il part pour Cuzco, au Pérou, puis visite le site inca du Machu Picchu. A son retour à Lima, il accompagne un géologue en direction de l’Amazonie. Le break  dans lequel il se trouve s’écrase au fond d’un ravin à San Miguel dans la Cordillère des Andes.

Il trouve ainsi tragiquement la mort à l’âge de 38 ans, laissant derrière lui Marco, son fils d’à peine 4 ans, tandis que Daniel, son deuxième garçon voit le jour quelques jours plus tard.

Certaines de ses photographies défient le temps, il n’est donc pas entré dans la légende uniquement du fait de sa disparition tragique et prématuré, mais bien par son talent, et par l’humanisme dont il a fait preuve, tout au long de sa vie.

La légende veut que la dernière photo qu’il est faite soit celle de ce jeune garçon qui joue de la flûte, une image restée emblématique.

Roland Quilici

« Werner Bischof pouvait être comparé à ses photos. Il était toujours harmonieux, avec mesure. Il était sensible, mais d’une façon virile. Ses photographies ont une tendance à l’absolu-une combinaison de beauté et de vérité : une pierre devenait un monde, un enfant était tous les enfants, une guerre, toutes les guerres » Ernst Haas.

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Chronique par Roland Quilici
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