Photo 1 La une. Le portrait touristique. Cela n'a rien de péjoratif, car il n'y a bientôt plus que dans les pays étrangers ou dans les "zones" que nous arrivons à prendre. Et c'est sympa de pouvoir faire cela. Les Européens que nous sommes, soucieux de notre supériorité et de notre valeur inestimable souhaitons préserver notre image de Star et de la monnayer et refusons de nous faire prendre en photo sans monnaie. Cela se voit dans beaucoup de nos portraits pris "dans la rue" et ne se voyait pas il y a une trentaine d'années. Vous avez vu ce regard. Ici le regard de la mère communique avec le photographe.. Ce regard, placé là, fait que la structure du fond n'est même pas gênante, mais nous rappelle de par son état que nous ne sommes pas à un endroit où les moyens débordent. Ce regard transperce l'objectif de douceur et de calme. La position des mains et des bras qui entourent l'enfant et lui offre protection. L'enfant ne peut que dormir dans les bras de cette maman. Le traitement noir et blanc très chaud contribue encore à ajouter de la douceur à cette scène. Les pieds du gamin sont coupés. Oui, et alors? Est ce le sujet? Non! Apporteraient-ils quelque chose à cette bulle de douceur et d'amour? Non! Superbe histoire que nous raconte cette photo.
Photo 2 La deux. Enfin une photo de bébête qui me dit quelque chose. Et par association elle m'a fait sourire lorsque j'ai vu la troisième. Revenons à celle-ci. Je n'y connais rien en photo de bébête. Ma bébête c'est l'Homme. Donc quand je regarde une photo de nature je ne prends pas en compte la difficulté technique ou la rareté de l'espèce. Le poisson dans le bec me fait parier sur un martin pêcheur. Il va le gober et il est en position pour repartir. Du moins c'est ce que j'imagine. Car tout dans la composition me raconte cela. L'oiseau est posé sur la branche avec sa prise, dans le coin inférieur droit, cela lui donne de l'espace au dessus de lui et sur sa gauche. C'est cet espace qui nous permet de l'imaginer. La profondeur de champ est très bien gérée, cela isole l'oiseau et on ne voit "presque" que lui. Et heureusement car cela gomme en partie une imperfection dans cette photo. Presque car il y a quand même du flou sur l'oiseau, généré par une brindille situé dans l'axe de prise de vue devant l'oiseau. Dommage…mais vu que l'histoire est bien racontée, cela la rend acceptable.
Photo 3 La trois: les baguettes me rappellent le bec de l'oiseau et la gélule le poisson. La comparaison s'arrête là. Donc c'est un pharmacien Asiatique qui prend une gélule pour la mettre dans un sachet. Il me manque le sachet. Il me manque le patient. Et pourtant c'est à cela que j'ai pensé. Pourquoi? Parce que c'est ainsi que j'imagine une civilisation qui n'est pas hyper consommatrice de médicament, et de ce fait qui ne vent pas des boites avec 100 gélules alors que vous en avez besoin de 10. Et je n'imagine personne prendre 5 gélules identiques en une seule prise. Et parce que le plat est super clean. Et parce que l'usage des baguettes c'est éviter le contact de la gélule avec les mains. Ici pas de travail sur la profondeur de champ. Cela aurait il été utile? Pas pour moi car l'éclairage étant très dur, il a pour effet de faire ressortir la matière, donc le flou aurait été en contre point. Le traitement est en parfaite adéquation avec l'éclairage: fort contraste général, micro contraste également. Personnellement je n'aurais pas mis la gélule principale pleine pastille. Je l'aurais mise un peu plus haut et à gauche et montré un peu plus de bras. En faisant ainsi le haut des baguettes aurait été dégagé et en déplaçant le plat à gauche cela aurait évité de voir cette petite zone claire en haut à gauche en plein dans le prolongement des baguettes. Ce sont ces détails qui "finissent" une photo.
Trois photos, trois histoires. Ainsi que je l'écrivais au début, nous avons été gâté. Allez, on y retourne?
Avant toute chose, je préfère prévenir : je suis de sale humeur et de surcroît en retard pour ce papier. Donc pas de perte de temps.
Photo 1 Vu et revu et DE PLUS EN PLUS vu. Perso., je sature de la surabondance de ces clichés de tourisme exotique. A moins que.... possibilité folle - il s'agisse d'un extrait de grand reportage - en zone belliqueuse. Plantons le contexte : la femme est blessée (regardons son visage), le décor derrière elle a possiblement été un théâtre de scène de guerre. Et pourtant, malgré ces 2 éléments non dissimulés et même mis en scène, il se dégage de cette image une grande douceur. Qui du coup appelle à "gratter" pour la lire. Pourquoi un tel cadrage ? Vertical ? Pourquoi ces pieds et jambes ignorés ? Et pourquoi ce traitement sepia ? Je ne sais pas vous, mais moi, j'ai une réponse à chacune de ces interrogations. Nest-ce pas l'aveu d'un travail réussi ? J'aimerais que l'auteur nous en dise plus.
Photo 2
Bin.... ça m'a l'air carrément bien ça. A proposer en urgence dans une photothèque spécialisée (pas une banque d'images à la c....). Hein dites ?
Photo 3 Et bien, c'est celle qui me déçoit le plus, en fait. Certes il y a l'évidence d'une grande difficulté à éclairer plusieurs zones en même temps (si c'est possible). Perso. je prends cette image pour une nature morte en studio. c'est à dire qu'il y a possibilité de faire de la lumière. Dans ce cas, sont bien éclairées les matières : peau, table et baguettes. Rien ne va plus pour les capsules et l'assiette. Le cadrage est loupé: pas de dynamique. Si en revanche, c'est une scène de vie sans possibilité d'intervention lumière, alors là, il doit y avoir un passage de retouche très important et dénaturant. Bien plus primaire : quel est le sujet ? Merci de me dire.
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delorge francis
|89.2.186.xxx
|2011-05-07 11:58:52
Bonjour,
Concernant le cliché N° 1..
Attitude et regard assurés pour l'opérateur.
Cette femme devient au travers de ce portrait posé, consciente de sa beauté et de sa valeur de porter l'enfant chéri de sa succession.
Cliché, qui effectivement - de par un bon post-traitement - nous offre comme déjà énoncé le symbolisme de la douceur féminine et maternelle.. Cette grande "douceur" s'affiche d'autant que l'arriére plan est riche d'éléments disparates qui nous obligent à revenir à l'essentiel du sujet.
Cliché "traditionnel" pour ce beau pays.
Cliché "académique", et là malheureusement pour ma perception, la coupure du pied devient une faute, car sur un sujet totalement académique, il m'apparaît difficile de s'affranchir des régles données par nos Maîtres.
Ici, le NB convient bien, Bresson avait fait de même pour le symbole de ces femmes Indiennes.. Pour la couleur, la référence pour L'Inde demeure sans conteste Harry Gruyaert.
delorge francis
|89.2.186.xxx
|2011-05-07 12:06:19
Bonjour,
Concernant le cliché N°2..
Trés belle image du chasseur animalier, la qualité de l'optique "fait mouche" et se fait diablement ressentir..
L'on ressent, et l'on imagine l'affût, et la chance ou le reflexe de cet instant décisif..
La colorimétrie de de l'arriére plan sied bien pour mettre en valeur du sujet.
De par surcroît, la symétrie inversée des lignes ondulatoires des branches en rappel de celles du poisson saisi active une continuité artistique d'intérêt.
delorge francis
|89.2.186.xxx
|2011-05-07 12:16:31
Bonjour,
Je n'accroche pas trop sur ce sujet, même si j'en reconnais l'idée originale.
(Ancien de l'industrie pharmaceutique, peut-être sui-je resté trés conventionnel pour la prise d'une gélule, il est vrai qu'avec la mondialisation, il ne faut s'étonner de rien..
Techniquement, le cliché m'apparaît un peu "dur".. comme si l'on avait utilisé un film "infra-rouge" accentuant les noirs.. La structure est bonne, la définitrion extême, peut-être à titre personnel aurai-je donné un peu plus de lumiére sur l'élément humain ?
delorge francis
|89.2.186.xxx
|2011-05-07 17:24:08
Je reprends le commentaire laissé pour le cliché 3..
Bien de critiquer, mieux de proposer..
A la réflexion, je pense que ce cliché aurait mieux servi le sujet avec un diaphragme à F2,8 ou 4 maximum avec un piqué sur gélules et baguettes, le reste étant suggéré, d'autant que ce monde de l'Asie est tout en délicatesse et mystére.