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L’album photo : une histoire de famille…

L’album photo : une histoire de famille…

Officiellement la photographie est inventée le 7 janvier 1839. Arago présente ce jour-là à l’Académie des sciences le daguerréotype, du nom de son inventeur Louis Daguerre. Ce dernier a en fait amélioré l’invention de Niepce qui fut le premier en 1826 à réussir à fixer une héliographie (photographie) intitulée Point de vue du Gras et prise depuis sa fenêtre.

Les tous premiers albums photo apparaissent rapidement vers 1840, principalement créés dans un objectif de catalogage d’essais photographiques ; sorte de carnets de recherche des premiers explorateurs de la technique photographique.

Pixabay.com. Devanath Family. Licence CC0

La création des premiers studios photo à la fin du XIXème siècle, conduit rapidement l’album de photo à sa vocation toujours d’actualité : donner un écrin aux souvenirs de famille. Les familles aisées, en font un objet de salon, décoratif, mis à disposition des visiteurs pour raconter l’histoire familiale. Les couvertures se font plus riches, parfois en cuir ou en nacre. Les photographies sont souvent encastrées dans un carton décoratif.

Domaine public : Portrait de parents et de leur fille décédée. Epoque victorienne.

A la même époque, les albums de photographies post-mortem ou funéraires se développent. Commandés par les familles en deuil, ces albums regroupent des images de morts mis en scène, parfois les yeux ouverts, avec leurs proches. Ce type d’albums et de photographie ne se perpétuera pas bien qu’il existe encore dans certains pays d’Europe de l’Est.

La technique photographique évolue rapidement. La photographie couleur voit le jour en 1861, avec une première image présentée par Thomas Sutton. En 1869, Louis Ducos du Hauron et Charles Cros réalisent les premières images basées sur la trichromie ; procédé permettant de reproduire un grand nombre de couleur à partir de trois couleurs primaires.

En 1888, Georges Eastman commercialise le Kodak, premier appareil photo portatif. Il ouvre ainsi la voie à l’avènement de la photographie amateur. Début 1900, la possibilité de créer des images et de les collecter sous forme d’albums photo s’offrent alors à tous. Apparaissent les premiers albums extensibles, on ajoute des pages à volonté pour compléter l’histoire familiale au fur à mesure de sa genèse.

L’utilisation phare de l’album photo, c’est aussi tout au long du 20ème siècle, l’album de mariage. Les familles qui peuvent se le permettre font appel à un photographe professionnel pour le jour de la cérémonie et pour les photos de couple. Selon la prestation proposée par le photographe, elles peuvent faire l’acquisition d’un album de photos de mariage mettant en valeur les plus belles images du grand jour.

Rosemood : exemple d’album photo en ligne

Le début du XIXème siècle marque le triomphe de la photographie numérique et avec elle l’impression de tirages, de posters et de l’album photo en ligne.

Se développe aussi le scrapbooking ou créacollage, activité de loisirs à la mode, qui consiste à réaliser un album photo unique, à son image, à l’aide de multiples accessoires : tampons, pochoirs, tissus, papier à motifs, paillettes, etc.

Et pour ceux qui ne se sentent pas l’âme d’un scrapbooker, l’offre d’albums photo sur Internet explose. Chacun peut alors composer facilement son propre album, en choisissant parmi des centaines de modèles personnalisables pour illustrer tous les moments importants de la vie de famille : naissance, mariage, fêtes de famille, vacances, etc.
L’album devient un vrai livre photo qui prend sa place dans la bibliothèque familiale.

Au cours des siècles, l’album photo s’est transformé en fonction des modes et des développements des techniques photographiques et d’impression. Mais quel que soit son âge, sa vocation reste immuable : retracer, raconter l’histoire familiale et en garder la mémoire pour les générations futures. Et au vu, des rapides évolutions de l’informatique, qui bascule d’un support de stockage à l’autre en quelques années (qui peut encore lire une disquette ou un ZIP ?), le papier n'est-il pas finalement le moyen le plus sûr de protéger et de mettre en valeur cette histoire de famille ?